Mobilité : mais où allons-nous ?

Plus qu’à la vitesse, nous aspirons désormais à la fluidité dans nos déplacements. Cette évolution des besoins est intimement liée à la transition écologique des mentalités en cours. Entre vélo et véhicule autonome, nous sommes en train de dessiner le transport du futur.

« Notre santé physique et psychologique, notre vie sociale, notre porte-monnaie et notre planète ont besoin de beaucoup moins de voitures », résume Didier, sociétaire MAIF pour qui la situation est critique. Moins de voitures polluantes surtout, car les citadins sont asphyxiés par des réseaux saturés, pendant que les ruraux accumulent les kilomètres pour accéder à des services ou des emplois qui s’éloignent d’eux. Une France des mobilités à deux vitesses.

Au cours des soixante dernières années, notre société a connu d’importants changements sociétaux. Notre lieu de travail s’est peu à peu éloigné de nos habitations et la démocratisation de la voiture individuelle a accompagné cette révolution. Mais on ne passe pas de 5 à 34 millions1 de véhicules particuliers sans conséquences. Surtout quand, simultanément, les emplois se concentrent dans les villes et les métropoles.

Quand la mobilité devient contrainte

Malgré l’énorme développement des transports en commun, nos voies de circulation sont complètement saturées. Un épineux sujet, pour lequel une solution semble d’autant plus compliquée à trouver que nombre de vies sont marquées par des mobilités contraintes :

« À Paris, je dois prendre le métro pour aller travailler, car ce serait plus lent en voiture, sauf l’été, raconte Liane, sociétaire MAIF. Mais, sur les lignes 10 et 13, pas un jour ne passe sans incident. J’ai alors 1 h 50 de trajet et je suis debout la moitié du temps, si ce n’est plus. »

Liane, sociétaire MAIF

Ce qui est nouveau, c’est qu’à l’échelle individuelle, la mobilité est devenue une compétence. Georges Amar, prospectiviste, explique que le paradigme classique du transport était centré sur l’efficacité de la gestion des flux de voyageurs, relativement uniformes et passifs : « Le nouveau paradigme, celui de “la mobilité pour tous et chacun sa mobilité”, y introduit l’individu, la personne mobile, multimodale et communicante, coconceptrice et coproductrice de sa propre mobilité. »

La mobilité pour tous, et chacun sa mobilité

Même si posséder une voiture individuelle reste la norme, la pratique de cette multimodalité connectée s’installe dans nos habitudes, et petit à petit, le groupe des néo-mobiles grossit. Qui sont-ils ? L’Ademe, dans sa 2e édition de l’Observatoire des mobilités émergentes, les définit de la manière suivante :

« Caractérisés par l’usage assidu de l’ensemble des formes de mobilités émergentes, les néo-mobiles constituent le groupe le plus agile dans sa mobilité, naviguant à travers l’ensemble des offres disponibles. »

La MAIF accompagne cette révolution des mobilités. Nous avons ainsi investi dans des plateformes collaboratives développant des offres adaptées à la diversité des usages comme Klaxit (covoiturage domicile-travail), Wheeliz (autopartage pour personnes en situation de handicap), Zenpark (parkings partagés), Yescapa (mobilités de loisirs), ou encore Pop Valet (service de voituriers)…

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Des adaptations du code de la route

Non seulement un assureur doit anticiper l’usage croissant d’un véhicule partagé, mais il doit aussi prendre en compte l’émergence de mobilités nouvelles susceptibles de créer des risques jusqu’alors inconnus.

L’arrivée sur nos routes de véhicules de plus en plus autonomes et communicants est, pour la MAIF, une source d’incertitudes en même temps que la promesse de plus de sécurité pour les usagers. Même si le véhicule complètement autonome (de niveau 5) n’est pas pour demain, nous devons nous préparer à partager la route avec ces voitures pas comme les autres.

Mobilité optimisée

Vous désirez adopter des usages de mobilité plus responsables ?

La mission présidée par Cédric Villani a déjà demandé une adaptation du code de la route pour autoriser « à compter de 2022, des fonctions d’autonomie de niveau 3 (le conducteur ne surveille pas le système, mais il est prêt à prendre le contrôle, si besoin) ; à compter de 2028, des fonctions d’autonomie de niveau 4 (pas besoin de conducteur pour certains cas d’usage) ».

Une adaptation du code de la route est aussi attendue pour encadrer un autre phénomène de société, celui des nouveaux véhicules électriques personnels : trottinettes, gyroskates, gyroroues…

« Ces solutions ont du succès parce que le système vélo est parfois défaillant : quand vous ne pouvez pas garer votre bicyclette dans une gare, une trottinette s’embarque plus facilement, constate Véronique Michaud, secrétaire générale du Club des villes et territoires cyclables. Nous sommes pour une évolution réglementaire : donnons à certains de ces nouveaux véhicules la possibilité d’accéder aux aménagements cyclables. Ils y sont déjà et ce sera mieux que les trottoirs ! C’est anormal que ces engins – qui peuvent être très lourds et monter à 40 km/h – les partagent avec les piétons. »

Une trottinette électrique, est-ce le véhicule que vous auriez dessiné en imaginant le futur de votre mobilité ?

1 : 4 919 000 voitures « particulières et commerciales » en 1960 en France (Économie et statistique, n° 16, octobre 1970), 34 100 000 voitures détenues ou mises à disposition des ménages en 2015 (CCFA 2017)

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