L’écologie, c’est aussi dans les rapports sociaux

Société solidaire 22 juillet 2019
Frédéric Fanget, lors de la remise des prix du Fonds MAIF pour l'Éducation à Reims, le 11 décembre 2018
Frédéric Fanget, lors de la remise des prix du Fonds MAIF pour l'Éducation à Reims, le 11 décembre 2018 © Gaëlle MAGDER / Atelier DIPTIK / MAIF

L’an passé, le psychiatre Frédéric Fanget concluait la cérémonie de remise des prix du Fonds MAIF pour l’éducation par une conférence sur la confiance en soi. Dans cet entretien, il aborde un autre élément-clé de son engagement : l’écologie relationnelle, clé d’un dialogue social apaisé.

La confiance en soi s’acquiert-elle par l’éducation ?
Elle joue un grand rôle. Les messages positifs sont bien plus constructifs que les messages négatifs. Typiquement, un enfant à qui l’on répète qu’il est nul a peu de chances de construire sa confiance en lui. Le choix des mots compte beaucoup. Par exemple, le compliment ou l’encouragement doit saluer une action, et pas l’enfant dans son ensemble. Après une performance sportive ou scolaire, dire « Je suis fier de ce que tu as fait » plutôt que « Je suis fier de toi ». Sinon, à la première sous-performance, l’enfant aura le sentiment désagréable que son être entier est remis en cause. Inversement, pour réprimander un enfant qui a mal agi, il faut bâtir une phrase complète qui contient l’action critiquée. « Je n’aime pas du tout quand tu ne produis aucun travail » plutôt que « Continue comme ça, tu n’arriveras à rien ».

En quoi consiste l’écologie relationnelle que vous invoquez souvent ? 
De plus en plus, je sors de mon cabinet pour observer le monde réel. Un plateau de télévision, un débat politique, une manifestation violente… Les protagonistes, très souvent, sont convaincus d’avoir raison. L’erreur est toujours dans le camp d’en face. Pour une relation efficace et constructive, il faut s’écouter, tenter de comprendre pourquoi l’adversaire est lui aussi convaincu de détenir la vérité. Ainsi, on sort de l’invective pour entrer dans le dialogue.

« Vivre ensemble » : c’est donc possible ?
Oui. Notre civilisation est évoluée. Mais pour ce qui est de la communication, nous sommes très loin du compte. Il faut s’intéresser au fonctionnement de notre cerveau, aux mécanismes qui nous enferment dans nos convictions. S’obliger à chercher ce qu’il y a de légitime et sincère dans la pensée adverse, plutôt que lui rejeter l’entière faute. A trop camper sur ses positions, on n’avance pas. L’écologie relationnelle est la clé d’une société apaisée.

 

Dans un contexte de réduction des aides publiques, le Fonds MAIF pour l’éducation agit prioritairement dans les zones d’exclusion, à forte densité de publics défavorisés. Ce sont celles où il convient d’agir en premier, au nom du droit à l’éducation de tous les citoyens, quelle que soit leur origine.

Agissons ensemble

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